Déclaration de la CGT au CSE sur le bilan social 2025
À la lecture du bilan social 2025, la CGT constate une nouvelle dégradation de la situation sociale dans l'entreprise.
Entre 2023 et 2025, les effectifs cadres ont augmenté de 9 salariés, tandis que les effectifs ouvriers ont diminué de 20 et ceux des collaborateurs de 5. Dans une usine de production, cette évolution interroge : la réduction des effectifs ouvriers, combinée à la redistribution des missions des salariés partis à la retraite vers les équipes restantes, entraîne une augmentation de la charge de travail, une intensification des rythmes et une exposition accrue aux risques d'accidents.
La pyramide des âges constitue également un sujet de préoccupation, puisque 256 salariés ont désormais 50 ans ou plus. Cette réalité aurait dû conduire à une véritable politique d'anticipation des départs, de transmission des compétences et d'amélioration des conditions de travail.
Le taux d'absentéisme poursuit sa progression pour atteindre 9,33 %. La forte augmentation des jours d'absence chez les collaborateurs et les cadres est particulièrement préoccupante et peut traduire une dégradation des conditions de travail ainsi qu'un mal-être grandissant. Les nombreux signalements restés sans réponse de la direction ne peuvent qu'accentuer les risques psychosociaux.
La situation en matière de santé et de sécurité au travail est particulièrement alarmante. Les accidents du travail sont en hausse en 2025. Les taux de fréquence et de gravité ont quasiment doublé en deux ans, tout comme le nombre d'accidents concernant les salariés intérimaires. Ces derniers, souvent moins formés et moins intégrés, demeurent particulièrement exposés aux risques.
La prévention reste largement insuffisante. Les accidents ne donnent pas lieu à des analyses approfondies, aucun plan d'action structuré n'est engagé et aucun moyen supplémentaire n'est prévu malgré les alertes répétées. La prévention primaire n'est donc pas assurée.
Les chiffres financiers illustrent également ce manque d'ambition. Alors que les cotisations AT/MP atteignent 1 057 791 €, les dépenses consacrées à la sécurité ne représentent que 212 000 € en 2025. Plus préoccupant encore, seulement 25 % du budget destiné à l'amélioration des conditions de travail a été effectivement utilisé.
Ce sous-investissement est difficilement justifiable lorsque l'on sait que le coût réel des accidents du travail et des maladies professionnelles est généralement estimé entre trois et cinq fois le montant des cotisations, en raison des coûts liés aux remplacements, à la désorganisation, aux pertes de production, à la baisse de qualité et aux conséquences humaines.
La formation connaît également un recul important. Le volume d'heures réalisées est passé de 241 835 heures en 2023 à 164 797 heures en 2025. Cette baisse ne traduit pas une diminution des besoins mais l'impossibilité, faute d'effectifs suffisants et en raison d'une organisation en flux tendu, de libérer les salariés pour partir en formation. Les annulations se multiplient faute de personnel disponible.
La CGT dénonce également le non-respect des deux jours de repos consécutifs, notamment pour les équipes ES lorsqu'elles sont en formation durant la semaine. Cette organisation accroît la fatigue, favorise les erreurs et augmente le risque d'accidents.
Plus globalement, le fonctionnement permanent en flux tendu apparaît aujourd'hui comme un problème structurel. Il dégrade les conditions de travail, nuit à la santé des salariés, fragilise la sécurité, pénalise la qualité de la production et limite fortement l'accès à la formation.
Enfin, le dialogue social continue de se dégrader. De nombreuses demandes d'explications, de données ou de mise en œuvre d'actions sont restées sans réponse ou n'ont reçu que des réponses partielles. Cette situation ne permet pas un dialogue social constructif et ne répond pas pleinement aux exigences de transparence attendues de la direction.
Au regard de l'ensemble de ces constats — diminution des effectifs de production, aggravation des conditions de travail, hausse de l'absentéisme, progression des accidents du travail, prévention insuffisante, sous-investissement dans la sécurité, recul de la formation et dégradation du dialogue social — la CGT considère que le bilan social 2025 traduit une détérioration continue de la situation des salariés.
Pour l'ensemble de ces raisons, la CGT émet un avis défavorable et vote contre le bilan social 2025.

