Harcèlement, Discrimination, violence au travail

22/12/2025

Déclaration lue en réunion du CSE ordinaire du 19 décembre 2025

harcèlement, discrimination et  violence au travail.

Les élus CGT du CSE constatent une augmentation préoccupante des situations de harcèlement moral, de discriminations et, aujourd’hui, des violences au travail sur le site de Montluçon. Ces faits, d’une gravité incontestable, ne sont traités ni avec la rigueur, ni avec l’équité, ni avec la rapidité que la loi impose et que les salariés sont en droit d’attendre. Depuis plus d’un an, le nombre de signalements reçus par les élus ne cesse d’augmenter, certains dossiers restant sans réponse pendant plusieurs mois. Cette évolution n’est pas un hasard, elle traduit un dysfonctionnement profond dans la manière dont l’entreprise gère les situations de souffrance au travail. Nous observons, dans plusieurs dossiers, une tendance inquiétante à minimiser les faits, à dénaturer la réalité, voire à protéger les auteurs présumés au détriment des victimes. Cette dérive est incompatible avec les valeurs affichées par l’entreprise et avec les obligations légales de l’employeur en matière de santé, de sécurité et de prévention des risques psychosociaux. Derrière chaque dossier, il y a des salariés fragilisés, parfois isolés, parfois brisés par des comportements répétés qui auraient dû être stoppés immédiatement. Les conséquences humaines sont lourdes, perte de confiance, atteinte à la dignité, dégradation de la santé mentale, arrêts de travail, isolement. Rien ne justifie que ces situations soient traitées avec autant de légèreté. Depuis des mois, des signalements de harcèlement et de discrimination sont étouffés, requalifiés, ou traités de manière à inverser les rôles, transformant parfois la victime en agresseur. Dans le même temps, pour des faits mineurs tels qu’un retard ou un prétendu refus de travail, certains salariés sont convoqués et sanctionnés avec une rapidité fulgurante. Ces deux poids, deux mesures n’est plus acceptable. Lorsque des responsables sont mis en cause pour des comportements de harcèlement, de discrimination ou pour avoir exposé des salariés à des risques graves, aucune mesure sérieuse n’est prise. Le silence, la minimisation ou l’inaction ne peuvent plus tenir lieu de politique de prévention.

Le paradoxe entre le Manuel d’Éthique et la réalité du terrain Le Manuel d’Éthique des affaires, tout juste distribué aux salariés, proclame une tolérance zéro envers le harcèlement, les discriminations et toute atteinte à la dignité. Il garantit un environnement de travail respectueux, la protection contre les représailles et une gestion équitable des situations signalées. Sur le site de Montluçon, ces engagements sont pourtant contredits quotidiennement sans que cela ne dérange personne.

Les signalements sérieux sont ignorés, minimisés ou détournés. Les victimes se retrouvent fragilisées, parfois même mises en cause, tandis que certains responsables impliqués bénéficient d’une protection de fait. Dans le même temps, des salariés sont sanctionnés immédiatement pour des faits mineurs. Cette asymétrie n’a rien d’accidentel : elle révèle un système qui choisit ses cibles et protège ses propres dérives. Ce fossé entre les principes affichés et les pratiques réelles décrédibilise totalement la politique éthique de l’entreprise. Les élus CGT du CSE exigent que les engagements du Manuel d’Éthique cessent d’être un document de façade et deviennent enfin des règles appliquées, sans favoritisme ni complaisance. Rappel des obligations légales et exigences des élus.

Les élus CGT du CSE rappellent que l’employeur a l’obligation légale de protéger la santé physique et mentale des salariés, d’agir immédiatement lorsqu’un signalement est formulé, et de garantir un traitement impartial et transparent de chaque situation. Afin de mettre un terme à ces dérives, nous demandons :

  • L’ouverture immédiate d’enquêtes internes pour chaque dossier en attente,
  • La mise en place de mesures conservatoires lorsque des responsables sont mis en cause,
  • Un suivi régulier et contradictoire des situations signalées,
  • Un audit externe indépendant sur les risques psychosociaux et la gestion des alertes,
  • La création d’un comité de suivi CSE / Direction dédié aux situations de harcèlement et discrimination.

Nous demandons à la direction, et en particulier aux plus hauts responsables du site, de prendre leurs responsabilités, de faire preuve de courage managérial, et de mettre un terme à cette spirale dangereuse pour les salariés comme pour l’entreprise.

Les élus CGT du CSE resteront pleinement mobilisés pour défendre les droits des salariés, faire respecter la loi et garantir un environnement de travail digne, respectueux et sécurisé. Ils utiliseront pour cela l’ensemble des moyens à leur disposition : signalements, droits d’alerte, expertise en risques psychosociaux, saisine de l’Inspection du travail et du service de santé au travail, ainsi que des actions juridiques et médiatiques si Goodyear persiste dans ces dérives managériales

Les élus CGT