Politique sociale, conditions de travail et emploi – Situation économique et financière

Avis du CSEC Goodyear France

(13 octobre 2020)

La situation économique et sociale est marquée cette année par les conséquences de la crise sanitaire sans précédent liée au virus Covid-19, dont l’ampleur est difficile à évaluer pour l’instant (deuxième vague massive ? durée ? courbe de reprise ?)

Dans ce contexte conjoncturel difficile, les élus notent en premier lieu que les résultats de l’activité commerciale de Goodyear France résistent plutôt bien : selon les dernières prévisions 2020 la marge opérationnelle serait déficitaire de ‘seulement’ -3,4 millions d’euros (soit -1,3% du chiffre d’affaires) contre un bénéfice de 2,3 millions d’euros en 2019.

La profitabilité élevée des années précédentes (marge opérationnelle de 15,9 millions d’euros en 2018, de 13,5 millions d’euros en 2017 et des records au-dessus de 25 millions d’euros en 2015 et 2016) s’expliquait principalement par le bas niveau des cours du pétrole. Après une période de forte augmentation qui a pesé sur les résultats en 2019 la baisse des cours depuis la crise Covid-19 devrait engendrer une amélioration progressive de la rentabilité dans les prochains mois.

Les performances qui semblent à court terme décevantes pour le segment Tourisme, notamment en termes de montée en gamme, demandent des investigations complémentaires afin de définir les mesurer permettant de retrouver une meilleure trajectoire.

Le renforcement des parts de marché en France pour les pneus Moto et Poids-Lourd qui s’esquisse cette année est encourageant et demande un suivi régulier.

Du point de vue des salariés, il est primordial de conserver les ressources de l’entreprise afin de préparer la reprise, sans prendre des décisions structurelles négatives sur le plan social alors que des perspectives positives sont à portée de vue.

Concernant Riom le projet dit « One » présenté aux Représentants du personnel en février 2020 constitue une opportunité cruciale pour assurer un avenir favorable au Site et à ses salariés.

Les élus apprécient qu’il soit maintenu en l’état (investissements de 2,3 M€, transferts de volumes de Wittlich et prévision de production de 102 000 pneus en 2022) dans l’AOP 2020 soumis à la Direction européenne du Groupe

Les élus du CSEC insistent pour que projet « One » bénéficie d’un soutien sans faille afin qu’il soit mis en œuvre rapidement.

Concernant Montluçon, quatre enjeux stratégiques doivent faire l’objet d’études et de propositions circonstanciées dans les meilleurs délais :

  • Structure par gamme / référence de pneu de la production Camionnette qui recule lourdement depuis l’an dernier en raison de délocalisations de production vers le site turc de Goodyear d’Adapazari
  • Investissements, ciblés le cas échéant, pour moderniser le secteur Confection et par conséquence réduire le coût de transformation
  • Poursuite et accélération des efforts pour augmenter les parts de marché et les ventes européennes Moto de la marque iconique Dunlop dont la qualité technique est reconnue par les clients
  • Internalisation de la fabrication d’une partie (à définir) des pneus Moto actuellement sous-traités à l’extérieur du Groupe en mettant au point des process innovants et automatisés afin de maîtriser les coûts de production

Par suite, dans le cadre de la consultation légale 2020 relative aux orientations stratégiques, il conviendra de tracer des perspectives circonstanciées, précises, argumentées et chiffrées pour les prochaines années en tenant compte des facteurs clés qui impactent les performances financières de notre entreprise :

  • Politique commerciale, prix de vente, parts de marché et résultats de chacune des catégories de pneus vendus par Goodyear en France (Tourisme, Moto & Scooter, Poids Lourd, Génie civil)
  • Impact du coût des matières premières (hausse importante en 2017 et 2018 puis chute en 2020)
  • Montée en gamme des différentes catégories de pneus (Segment A >=17’ pour le Tourisme, services basés sur les nouvelles technologies numériques pour le Poids Lourd, technicité pour la Moto)
  • Projet à trois ans permettant d’éclairer les conditions de réalisation du projet « One » pour l’usine de Riom
  • Projet à trois ans permettant d’éclairer l’évolution des volumes de production, des coûts, de l’effectif et de l’organisation de l’usine de Montluçon
  • Projet à trois ans permettant d’éclairer l’évolution du rôle et des moyens du Siège

Après cinq ans d’efforts sans discontinuer dans l’ensemble des sites de GOODYEAR France, les décisions prisent par Goodyear (pour le peu qu’on en connait,) mettent les salariés dans la colère et l’incompréhension.

2015 -FIABILISATION DE LA QUALITE (MONTLUCON)

2016 -BADGEUSES / CONTROLE DES HORAIRES (MONTLUCON)

2017 -ACCORD DE PERFORMANCE (MONTLUCON)

2018 -RCC (MONTLUCON)

2019 -PROJET BOL D’OR ET CERCLE D’AMELIORATION (MONTLUCON)

– EXPERTISE SUR LE SECTEUR VERIFICATION (MONTLUCON)

2020 -CHOMAGE PARTIEL DES SITES (SIEGE, RIOM, MONTLUCON)

AMELIORATION DE LA QUALITE (RIOM)

AUGMENTATION DES CADENCES DE PRODUCTION ET RESPECT REGULIER DU TICKET (RIOM)

DIMINUTION DU NOMBRE D’OPERATEURS DE 78 EN 2011 A 59 EN 2020 (RIOM)

REDUCTION DE L’EFFECTIF (ET DONC DES RESSOURCES) DE 369 SALARIES en 2010 à 261 SALARIES EN 2020 (SIEGE)

Victimes de leurs visions à courts-termes et du discours religieux sur la flexibilité, l’agilité et la compétitivité, GOODYEAR et ses technocrates désireux de toujours davantage de profits immédiats s’apprêtent à ronger les os de notre entreprise, sans aucune considération pour le travail accompli.

L’aide complice et coupable de notre technostructure doit cesser ! En tout état de cause, il n’est plus tolérable que les opérationnels (ces salariés en début et fin de chaine) soient les boucs-émissaires de leurs « projets ».

Uniquement portés sur l’optimisation des coûts (c’est-à-dire leur réduction) ces projets ne ciblent jamais la pléthore de porteurs de projets qui les construisent et s’enchainent, préservant ainsi leur situation confortable. (Voir les Shadock)

Toujours plus de technocrates et une situation qui ne les satisfont jamais ! Se satisfaire de la rentabilité d’un site comme Montluçon par exemple reviendrait à remettre en cause leur devenir…

La technostructure a donc décidé de mettre en avant la compétitivité, oubliant ainsi la rentabilité, (La moto, seul marché contributeur en 2020).

Les représentants des salariés, les membres du CSE-C disent : stop !

La réduction des coûts est terminée !

Retirez tous vos chefs de projets embrigadés dans cette obsession !

Pour poursuivre l’entreprise rentable qu’est la vente de pneumatique, il nous faut une stratégie industrielle avec investissement, réduction de l’insécurité sociale, prévention des risques professionnels et un management par la bienveillance.

De fait, le discours de Chris DELANEY (fait chaque année au GEICF, (comité central européen)) rejoint le nôtre.

Malheureusement, cette technostructure se protège et détourne les objectifs.

Qui vise-t-on par technostructure : Il s’agit de l’encadrement et de l’ensemble des ressources humaines dédiés aux contrôles des autres, comme les RH, les agents de maitrises (RI, WSM, Chef de flux, BCM, TTL, etc.), les juristes, etc…

Les perspectives des 5 prochaines années

– Sur la base d’objectifs réalistes, nous exigeons que soit construit un plan de développement et de maintien de l’emploi à Montluçon qui garantisse 650 emplois en 2025.

– Mettre en place une stratégie industrielle et d’investissement sur les sites Français.

– Stabiliser les ressources organisationnelles, les outils de pilotage et de métier.

– Partager un diagnostic sur les principaux risques professionnels des usines, du siège et construire un plan d’actions de préventions des risques professionnels ambitieux et sur la durée.

– Re-vitaliser les métiers et le travail en favorisant le développement des coopérations.

– Re-traiter les tensions organisationnelles et social.

– Donner une place centrale à l’encadrement et aux fonctions supports en préconisant des objectifs positifs. (Sécurité, prévention, bienveillance, qualité etc..)

– Investir sur les ressources humaines pour construire et transmettre les compétences (Formation, outils, méthodes, dispositifs, accompagnement, etc…)

Les membres du CSE-C exhortent la direction Française à remettre en cause son modèle de pensée.

« L’après « COVID-19 » doit être une opportunité, une occasion à saisir. Les membres du CSE-C pensent que les défis pour les prochains mois seront extrêmement élevés en termes de remise en question de ses vieux schémas de pensée.

L’entreprise du futur, doit être innovante, audacieuse, bienveillante et profondément humaine en opposition avec l’ancien monde, le management pyramidal, compétitif, prétentieux et malheureusement agressif dans ses conséquences pour ne pas dire malveillant et improductif.

Le but d’une entreprise n’est pas uniquement de faire des profits et des économies à n’importe quel prix, mais de garder et d’accroître son potentiel client en préservant ses salariés dans un outil productif de qualité.

Aujourd’hui et pour demain, il sera primordial de construire ensemble, au travers d’une volonté créatrice et bienveillante, des outils de productions performants et humains où chaque acteur de l’entreprise y trouvera un sens dans l’intérêt de tous.

Nous refusons le rôle d’opposants systématiques qui n’est qu’un paravent bien pratique pour justifier échecs et incompétences. Diriger ne se limite pas à commander, à ordonner et à prescrire. Les membres du CSE-C ne désespèrent pas d’obtenir ce cadre bienveillant d’un dialogue créatif, productif permettant aux établissements Français de rebondir et de mettre en avant leurs nombreux atouts.

Nous comptons sur vous et sur l’engagement de tous les dirigeants de bonne volonté.

Délibération du 24 Septembre 2020

Délibérations du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE de GOODYEAR Montluçon réunit le 24 septembre 2020 en session extraordinaire dans le cadre d’une information en vue de la consultation du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE sur le projet d’organisation lié à la baisse des volumes camionnette 2020 et 2021.

 Délibération du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE sur l’absence d’information loyale, sérieuse et complète :

 

Les membres du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE constate que l’information est incomplète et que de nombreuses questions sont restée sans réponse.

Les membres du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE estime que le processus d’information et consultation ne peut être considéré comme initié.

Les membre du CSE ont demandé à la direction de repousser les délais d’information et de consultation à la remise d’un document complet répondant au question soulevées et présentant le projet dans son ensemble.

Nous désignons Cyril CARON, membre du CSE et secrétaire pour représenter le COMITE SOCIAL ECONOMIQUE en vue d’obtenir une information complète et conforme.

 

 

Délibération du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE sur le projet :

 

Les membre du CSE constate malgré les contours extrêmement flous du projet qu’il aura des conséquences très importantes pour le site de Montluçon et les conditions de travail, la santé et la sécurité de ses salariés.

En conséquence, nous désignons le cabinet d’Alterventions, 242 Bd Voltaire, 75011 Paris dans le cadre des articles L2312-8 et L2315-94 du CODE DU TRAVAIL.

Nous désignons Cyril CARON, membre du COMITE SOCIAL ECONOMIQUE et secrétaire pour représenter le COMITE SOCIAL ECONOMIQUE en vue de faire respecter la présente délibération.

 

 

 

Protocole de fin de conflit

Une proposition d’accord qui nous concerne tous !

La CGT consultera les salariés avant de s’engager !

 

Cet accord prévoit :

 

  • Une garantie de minimum de 75 euros brut de prime de performance pendant 3 mois : (mai, juin et juillet)
  • Une prime de secteurs variable de 0 à 150 € (Mélange, Préparation, Confection, VK-VF et maintenance).
  • Une prime de performance doublée dans la limite de 150 € pour les salariés n’appartenant pas à l’un des 5 secteurs.
  • L’application des NAO 2019 à tous, y compris aux salaires bloqués
  • Des moyens de contrôle de l’amélioration des conditions de travail

Cliquez sur les liens ci-dessous pour avoir les documents :

Protocole fin conflit V

PRIME DE SECTEURS