Avis CCE

 

 

 

delegation

Voici les avis qui résume bien le contenu de la réunion de CCE

 

 

 

Dans le cadre de la consultation sur la situation économique et financière de notre société, le CCE émet l’avis suivant :

  • Le groupe Goodyear affiche des performances économiques records et ses perspectives pour les prochaines années apparaissent très favorables. Son excellente situation économique et financière lui permet d’ailleurs de s’engager auprès des actionnaires sur une forte progression de leurs rémunérations jusqu’à 2020.
  • Les performances de Goodyear en France sont également remarquables, avec une marge opérationnelle multipliée par 4 en 3 ans, traduisant principalement les gains de productivité du travail et les mesures d’économies liées notamment aux suppressions de postes. Pourtant, la forte progression des profits ne s’est pas traduite par une rétribution équitable en termes de partage des bénéfices pour les salariés français, compte tenu de l’absence d’accord d’intéressement et d’un seuil de déclenchement de la participation inatteignable en l’état. En effet, la construction des résultats du groupe en Europe, visant un objectif d’optimisation fiscale, implique des flux entre sociétés sur la base de prix de transfert qui pénalisent manifestement les résultats enregistrés dans les comptes statutaires de GDTF. En effet, le niveau de profitabilité apparait près de 4 fois inférieur à celui comptabilisé sur le reporting Goodyear en France. Ce mécanisme de prix de transfert est notamment justifié par une prétendue absence de risque au niveau de notre société. Or, notre société a supporté près de la moitié des coûts de fermeture du site d’Amiens Nord, ce qui contredit cet argument. Cette situation lèse les salariés et nécessite de mettre en œuvre des mesures correctives, comme la mise en place d’un accord d’intéressement.
  • Les performances économiques et l’emploi de Goodyear en France dépendent notamment des choix d’affectation de production du groupe :
    1. Concernant l’activité Rechapé :
      1. Dans un contexte de marché en baisse, Riom est particulièrement impacté sur une longue période par les arbitrages du groupe qui entraînent le site dans une inquiétante spirale négative. Pour exemple, la réduction des volumes en 2016 affectés à Riom (dans un contexte où ceux de Wittlich poursuivent leur progression) devrait conduire à une dégradation du coût de transformation alors même que les indicateurs de productivité et de qualité sont en nette progression.
      2. Les créations de postes de fonctions support sur les dernières années tendent à alourdir le coût de transformation. Nous estimons que des synergies pourraient être recherchées via la mutualisation de certaines fonctions entre sites (Montluçon, Siège, Riom, Amiens Sud).
  • Le site de Riom nécessite un véritable plan de développement à moyen-terme axé sur
    1. Des développements commerciaux dans les pays d’Europe du Sud
    2. Des actions de lobbying au niveau de l’Union Européenne pour promouvoir les avantages des pneus rechapés par rapport aux pneus low cost à usage unique provenant d’Asie en termes de développement durable
  1. Concernant l’activité Moto, une clarification des projets d’internalisation de production sous-traitées est nécessaire (moto cross, Harley Davidson, scooter…). Le rapatriement de volumes significatifs est indispensable pour permettre à Montluçon d’assoir son statut d’usine de référence sur l’activité Moto et de pérenniser le site. Au-delà des annonces, nous demandons un passage à des projets opérationnels, concrets et chiffrés.
  2. Concernant l’activité Camionnette :
    1. Les arbitrages sur les derniers transferts de production renforcent largement Adapazari face à Montluçon et Fulda principalement. Afin d’enrayer le déclin des volumes, nous considérons que des investissements sur des machines de confection de pneus de diamètres supérieurs sont indispensables pour que le site de Montluçon puisse s’adapter aux segments de marché les plus dynamiques et à forte valeur ajoutée. A défaut, la poursuite de l’érosion des volumes Camionnette aurait mécaniquement des incidences sur le coût de transformation (moto et camionnette) compte tenu de l’absorption d’une partie significative des coûts fixes de l’usine.
    2. Nous estimons que la pérennité de l’activité Camionnette nécessite également un renforcement du développement de nouveaux produits/process Camionnette à Montluçon.
  3. Concernant les fonctions support, l’effectif du siège a été lourdement impacté ces dernières années par l’arrêt de l’activité Agricole et par certaines mesures d’économies, avec une perte d’un tiers des collaborateurs en 5 ans, ce qui génère inévitablement une dégradation des conditions de travail. D’autre part, la baisse des moyens affectés au marketing/commercial apparaît inquiétante dans un contexte d’intensification de la concurrence. Ces arbitrages privilégiant une progression du profit à court-terme sont néfastes pour les positions commerciales de Goodyear dans la durée, et plus largement en termes d’emploi en France.

Ces aspects devront être approfondis dans le cadre des orientations stratégiques sur la base des prévisions à moyen terme, ce qui donnera l’occasion au CCE de formuler des propositions allant dans le sens de la pérennité et du développement des usines et de l’emploi en France.

 

2ème AVIS

 

Dans le cadre de la consultation sur la politique sociale et des conditions de travail, le CCE émet l’avis suivant :

  • Concernant les usines, nous constatons un renforcement significatif de la catégorie Cadres/collaborateurs qui atteint désormais 25% sur Montluçon (contre 20% 2 ans auparavant) et même 43% sur Riom (nombre de cadres multiplié par 2 en 5 ans), ce qui apparaît clairement disproportionné pour un site de production. Au lieu d’améliorer la compétitivité des sites, cette dérive organisationnelle alourdit les coûts de transformation des sites et ne résout pas forcément les problèmes opérationnels.
  • Concernant plus particulièrement le site de Montluçon, nous déplorons la forte baisse de l’effectif Opérateurs (-36 salariés en 2 ans) dans un contexte de forte hausse du recours à l’intérim (+89 salariés en moyenne en 2 ans), ce qui interroge sur la politique d’embauche d’opérateurs. De plus, le niveau élevé d’intérim implique inévitablement une perte d’efficience compte tenu de la rotation des personnes, de la multiplication des temps de formation, voire d’un manque d’implication. Le fonctionnement des opérateurs en sous-effectif implique des réaffectations de tâches permanentes, des heures supplémentaires coûteuses, une dérive sur la polyvalence et plus généralement une usure de nombreux salariés.
  • Le siège a perdu 84 postes en 5 ans, essentiellement sur la catégorie Collaborateurs, ce qui apparaît comme une véritable restructuration sans qu’il n’y ait eu de mesures collectives d’accompagnement des départs (ces départs ont cependant fait l’objet d’accompagnement individuel). Cette évolution interroge sur les conséquences en termes de conditions de travail, de charges de travail et de qualité de service.
  • Le bilan à date de la fermeture du site d’Amiens Nord apparaît désastreux : près de 60% des salariés à l’effectif au début de la mise en œuvre du PSE restent dans des conditions difficiles et précaires, tandis que seuls 13% des salariés inscrits au congé de reclassement ont un CDI. Au-delà de l’affichage de responsabilité sociale du groupe, ce constat montre les conséquences concrètes de la stratégie du groupe priorisant à tout prix la profitabilité à court-terme.